Notre matinée débute par la visite du Sensoji, le temple le plus célèbre de Tokyo. Et pour cause : au bout d'une allée (la Nakamise-dori) bourrée de boutiques d'amulettes, masques de matsuri, poupées geisha et autres souvenirs, se dresse un portail immense. Les touristes se prennent en photo devant, essayant de se placer sous la lanterne de papier géante retenue au bout d'un filet de sécurité (lui-même attaché aux poutres du Kaminarimon -le portail, là). A ses côtés se dressent deux statues menaçantes de Fujin (dieu du vent) et Raijin (dieu du tonnerre). Une fois que les passants ont passé ce passage, ils accèdent à une place fondant sous le soleil, puis au temple à proprement parler. Je vous passe les détails d'un intérieur sublime, rempli d'une foule priant avec ferveur (exception faite des gaijin qui mitraillent avec leurs reflex, sans aucun respect pour le lieu).
Quatre omikuji (littéralement "l'honorable loterie des dieux") sont disposés dans l'entrée principale. Ces machins ressemblent à de grandes commodes en bois, pourvues de cent tiroirs. Devant ces tiroirs, à côté d'une petite fente au-dessus de laquelle un papier demande humblement 100 yens de don, est posé un cylindre de métal d'une trentaine de centimètres de haut. Je dépose une pièce, secoue le cylindre et récupère la tige de bois qui en sort. A son extrémité est tracé un chiffre, correspondant à l'un des tiroirs. Par contre, je ne lis toujours pas le japonais, et perd cinq bonnes minutes à trouver le bon tiroir. J'en sors un bout de papier sur lequel est normalement inscrite une prédiction de bonne ou mauvaise fortune. Recto, tout en japonais. Au verso, du japonais.. et un petit encart en anglais (ah, riche !). "Bad fortune" (ah, merde..). Et là je me rends compte que j'ai oublié de faire un voeu en secouant le truc, comme le veut l'usage. Alors je prends mon petit papier, je relis encore quelque fois le texte, qui me dit qu'il faut pas que je ne touche aux basses flammes ni aux hautes lucioles, je le roule dans le sens de la largeur et je vais le nouer sur l'un des supports prévus à cet effet. Ça conjure le sort et ça m'arrange. Je retourne déposer 100 yens, me concentre sur mon voeu, baguette, trouvage de tiroir rapide et efficace, papier, verso, encart anglais. Bad fortune et attention aux murs. Fuck !
Pour me consoler, j'achète un manekineko bleu (après avoir attaché mon papier sur le machin).
Machins utiles :
- L'eau de la source du Sensoji ne se boit pas. Vous pouvez en revanche vous rincer les mains et la bouche avec, à l'aide des louches disposées à côté de la source. Une fois cette purification effectuée, vous devez faire couler l'eau du bol vers le manche (en l'inclinant verticalement), afin de le laver pour la personne qui viendra après vous.
- Si vous ne voulez pas vous frotter à l'omikuji mais que vous avez quand même un voeu à faire, allez acheter l'une de ces tablettes en bois, au dos de laquelle est dessiné un tigre (en vente un peu partout dans le temple, à c'qui paraît, mais j'en ai pas vu). Ecrivez votre voeu dessus, et allez le pendre aux machins prévus à cet effet. Oui, tout le monde pourra le lire. Oui, vous pouvez lire ceux des autres. Oui, le temple les conserve. Ces présentoirs à voeux se distinguent par la multitude de langues représentées ici. Japonais bien sûr, mais aussi français, espagnol, chinois, italien, anglais, arabe.. y'a même un énergumène qui a écrit son voeu en 1337 anglais, c'est dire.
-Ici aussi, on vend des amulettes, mais leurs fonctions sont écrites exclusivement en japonais.
Mauvais sort conjuré : au moins chuis pas la seule.
Faute de motivation, nous nous arrêtons dans un convini (une superette) pour s'acheter à becter. Attention, ce qui suit est un passage sur la bouffe. Les personnes souffrant actuellement d'un manque de nourriture seraient avisées d'aller se sustenter avant de lire la suite.
Mode d'emploi de l'onigiri :
L'onigiri est une boule de riz de forme triangulée entourée d'un carré d'algues. Les onigiri vendus dans les convinis s'ouvrent et se préparent d'une manière théoriquement simple. Cependant, si les ouvertures faciles japonaises le sont vraiment, leurs modes d'emploi dessinés reflètent rarement la réalité technique du bouzin. Donc. L'onigiri est enveloppé dans du plastique, qui est enveloppé dans de l'algue, qui est enveloppé dans du plastique, qui est entouré par l'emballage final. Excessif ? Même pas, car ce système permet au consommateur de choisir lui-même la quantité d'algue qu'il veut sur son onigiri. En fait, l'algue sert juste à tenir la boulette : le riz est gluant (pour tenir la forme de triangle) et adhère facilement à tout ce qui passe. Alors, comment ça se passe, concrètement ? Il faut commencer par retirer l'étiquette du produit (ils mettent le truc de prix sur l'ouverture facile - oui, c'est très con), puis se saisir de l'algue entre le pouce et l'index de la main gauche, en tenant l'onigiri dans la main droite (inversement si vous êtes gaucher), puis, avec délicatesse, relever la tête vers l'arrière et fermer les yeux en adressant une prière au kami de votre choix et enfin se démerder avec le truc parce bordel le riz colle pas là où je veux qu'est-ce que c'est que cette algue qui s'émiette et MEEERDE j'en ai foutu partout !
C'est très bon, sinon.
On notera également que, l'esprit aventureux, j'ai acheté un paquet de trucs qui ressemblaient à des haricots plats. Je sais toujours pas ce que c'est, mais une chose est sûre : ce machin est l'incarnation du démon dans la nourriture. Ça pue, c'est pas bon, la texture est bizarre, le goût reste en bouche et ne part pas en buvant de l'eau, et le pire, c'est qu'on est pris d'une envie irrésistible d'en reprendre une fois l'horreur dissipée. Si je me base sur l'aspect, la texture et le goût, il s'agira des fameuses "aisselles de vieil homme" de Gintama (manga que je recommande à toute personne à la recherche d'expériences nouvelles) : les terribles algues vinaigrées.
Machins utiles :
- Le petit sachet que l'on trouve dans les boîtes de viande en sauce ne se mangent pas : il s'agit de conservateur.
- Couverts et pailles sont fournis gratuitement à la caisse. Vous pouvez également demander à ce que vos plats soient réchauffés.
Bon courage.
Nous enchaînerons en regardant la télé japs. Et faut avouer que quand on est un/une otak' (huhu), on est tellement habitué aux clichés des dialogues et du scénario que j'ai quasiment tout compris des deux dramas que j'ai maté. Love in Palace, c'est un prince qui a épousé une fille normal par obligation mais ils s'aiment pas et le cousin/frère/pote (?) du type est amoureux de la fille mais elle le capte pas. Je pense que prince et héroïne tomberont amoureux et que l'autre se prendra un vent. Ensuite, He's beautiful : une nana se fait passer pour un mec pour faire partie d'un groupe de musique et retrouver sa mère qui travaille dans le show-biz. Tous les membres du groupe sont amoureux d'elle, mais un seul sait que c'est une gonzesse.
[Après vérification google, en fait elle a pris la place de son frère jumeau au sein du groupe parce qu'il se fait opérer aux US ou dans le genre. A la base, c'était lui qui voulait retrouver leur mère.]
He's beautiful. *kof*
Suit une envie de ramen, donc nous avons repéré sur internet un restau pas loin et pas cher. "On sort de l'hôtel, quatrième à droite, cinquième à gauche". Ouais, sauf qu'au Japon ils ont des demis et des quarts de rues que tu sais pas trop si y faut les compter ou pas. Donc on a pas trouvé le Kamo Shabu Chikutei. En revanche, nous avons rencontré des signes célestes qui nous ont guidés vers un très bon restau de ramen. A droite, une affiche de Dark Vador invite à rentrer dans une petite rue adjacente, au bout de laquelle un coq peint vous prie d'attendre et d'écouter. Là, un léger son de clochettes vous attire dans une rue plus grande.. En face de vous se tient un petit restau de ramen, à l'ambiance chaleureuse. Pour les moins romantiques d'entre vous, c'est à côté du Centuries Asakusa Hotel.
Machins utiles :
- On commande avant de passer à table. Le long de l'entrée sont affichés les différents plats.
- Ensuite, on choisit ses add-on, ingrédients divers et souvent fris, et on demande leur rajout aux ramen.
- Une fois à la caisse, on paye et on choisit son assaisonnement (sésame, oignons verts, gingembre etc.), avant de verser le bouillon de son choix (hot salé ou thick soja) dans notre bol, à l'aide d'un distributeur.
- Ensuite, on se prend une table et nappétit. A noter que boissons et serviettes sont mises à disposition au centre du restaurant, et qu'une des serveuses parle très bien anglais mais fait la gueule.
- Les ramen, ça gicle.
- Gaffe à pas avoir les yeux plus gros que le ventre : un ramen thick small suffit largement à nourrir une Okojo affamée.
J'ai faim.
Y'a du foot à la télé japonaise, Papa est content.



comment mais comment tu ressort tes journées autant en détail? (je te soupçonne de te balader avec un carnet de note)
RépondreSupprimerLa suite ! La suite ! On veut la suite ! >:U
RépondreSupprimerpareil !!!!
RépondreSupprimerBen voilà.
RépondreSupprimerEt non, pas de carnet de notes :D
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